© ZEINAB DIOMANDÉ

Zeinab est une artiste ivoirienne vivant précisément à Philadelphie aux USA. Elle relate ses émotions et son quotidien de femme noire à travers des œuvres qui pourraient sembler être des autoportraits, mais sont en réalité des alter egos qu’elle utilise pour passer un message. Découvrez-en plus sur elle à travers 4 de ses œuvres qu’elle nous a décrits !

« Toutes mes œuvres explorent les émotions sous le point de vue d’une femme noire »

D’OÙ VIENT TON PSEUDO « Z THE RAT » ?

C’est né à partir d’un délire que j’avais au lycée avec mes amies. Ce n’est vraiment rien de fou, juste que quand j’étais adolescente, j’avais beaucoup d’intérêts et hobbys particuliers. J’aimais bien aller sur YouTube pour rechercher des infos sur les rodents etc et un jour j’en parlais à une amie qui m’a dit « okay Z the rat » et c’est le nom que j’ai choisi comme nom de scène. 

POURQUOI PRODUIS-TU DES AUTOPORTRAITS ?

Mes œuvres ne sont pas des auto portraits mais des alter égos. Ce sont des personnes qui me ressemblent mais qui ne sont pas moi. J’illustre des personnes qui ont mes traits pour passer un message qui attrait à une cause plus grande que moi. C’est souvent plus simple pour moi de peindre des personnages qui me ressemblent pour apprendre à mieux me connaître dans des contextes qui ne sont pas forcément dérivés de ma propre vie et vice versa.

« MAD LIKE A GUN »

Mon œuvre « Mad like a Gun » est un gros plan pour intensifier les émotions qui se dégagent dans l’œuvre. C’est une œuvre intense, qui challenge l’audience dans le sens. C’est pas souvent qu’on voit des plans extrêmes en peinture, en général c’est pour signaler une émotion en particulier et dans mon cas c’était la colère. « Rouge de colère » est une expression qu’on connaît tous. J’ai remarqué que dans mon cas quand je suis en colère mes oreilles chauffes d’où la buée au niveau des oreilles.

QUEL SUJET TRAITES-TU DANS TON ART DE FAÇON GÉNÉRALE ?

 

Je crée des univers et des environnements qui reflètent des thèmes opposés. Ces vastes espaces expriment plus d’un sentiment à la fois. Plus d’une idée. Mon travail traite de l’idée d’une double identité : ne pas être pleinement installé dans un lieu ou dans un autre. La composante rituelle qui est représentée dans le mouvement dans mes antécédents ; la cacophonie visuelle de ce même mouvement et geste est un hommage à la non-linéarité des histoires des gens qui m’entourent ainsi qu’à ma propre histoire. Mon travail traite de thèmes et de courants qui ont tendance à s’opposer tout en trouvant une harmonie ensemble. Les personnages auront tendance à rester immobiles tandis que l’arrière-plan est plus activé, presque comme un chaos organisé. L’expérience des Noirs est en constante évolution et je veux que mon travail reflète cette même attitude.

 

« Lightbath/ Moody Medley »

« Lightbath/ Moody Medley » met l’accent sur les sorties en cours de nuit, être en cloison dans un endroit rempli de lumières, en transe par ces lumières et l’atmosphère lourd. Être pensif dans des endroits qui ne sont pas destinés à la pensée. 

« Things you can’t got past, I faced myself in the mirror and it’s still the same shit » 

Est une œuvre à technique mixte et qui parle de se faire face à soi même dans un miroir et de constater que rien n’a changé. C’est une pièce que j’ai faite en début d’année en me disant que beaucoup allait changer et faire le constat que rien dans ma vie n’avait bougé fut vraiment un constat catastrophique, pour résumer.