Ivoirienne d’origine et aujourd’hui basée à Toulouse, Karen Kouamé, alias Jeremiah Karen, s’est affirmée depuis 2019 dans l’univers exigeant de la photographie. Entre une passion héritée de son père et une formation artistique en devenir, elle se définit comme une artiste pluridisciplinaire, avec une sensibilité particulièrement axée sur la mode et le portrait, qui lui permet de raconter l’histoire de ses origines, de son héritage et de l’identité culturelle africaine. Tout en étant fortement engagée dans cette démarche, elle reste ouverte à d’autres pratiques artistiques, sait s’adapter et s’approprier d’autres univers.
Karen a débuté sa carrière professionnelle dans des domaines variés avant de se tourner résolument vers la photographie. C’est en 2023 qu’elle a entamé sa formation en photographie, venant compléter un parcours antérieur en comptabilité et gestion économique. Ce cheminement, façonné par de multiples expériences, l’a conduite à développer un style singulier en résonance avec ses racines. Pour elle, chaque cliché est une invitation à redécouvrir et à célébrer la beauté intrinsèque de la culture afro et à célébrer son histoire.
Spécialisée dans la photographie de mode et de portrait, Jeremiah Karen puise son inspiration chez des figures emblématiques telles que Malick Sidibé, artiste malien, Jean‑Michel Basquiat et elle cite d’autres inspirations comme Jorde, photographe ivoirien (@jordevity), James Barnor, photographe ghanéen. Son objectif est d’inspirer, de révéler et d’honorer cette beauté à travers un regard photographique authentique et engagé.
Parmi ses œuvres marquantes figure le photo‑livre Shades of Melanin, véritable ode à la richesse et à la diversité de la peau noire. Ce projet, qui a déjà fait l’objet d’une exposition lors de sa première présentation à Paris l’été dernier, témoigne de son engagement et de sa volonté de faire parler l’art au service de la culture. Par ailleurs, Jeremiah Karen a su établir des collaborations fructueuses avec des partenaires reconnus tels qu’Abicreation et Anta Africa, consolidant ainsi sa place dans un milieu en quête de renouveau et de reconnaissance.
Pour réaliser ses œuvres, Karen mise sur un équipement professionnel de pointe un Canon R, associé aux objectifs 24‑105, 50 mm et 85 mm, ainsi que des logiciels de retouches Photoshop et Lightroom Classic. Tantôt à l’extérieur, tantôt en studio, elle met en scène ses amis, souvent novices mais déterminés, afin de créer des images authentiques et chargées d’émotions.
Malgré la qualité de ses réalisations, la photographe évoque plusieurs défis inhérents à son métier. L’instabilité financière, due à une demande locale limitée par le pouvoir d’achat et les priorités économiques, se conjugue avec les coûts élevés d’investissement en équipements indispensables. La concurrence est accentuée par la prédominance de photographes amateurs ou le recours aux clichés gratuits lors de certains événements, ce qui complique la monétisation du travail professionnel. Par ailleurs, les attentes locales en matière de photographie, qui diffèrent parfois des standards internationaux, imposent l’adaptation de techniques modernes aux sensibilités culturelles régionales, tandis que les contraintes liées à la photographie de rue se voient renforcées par les exigences des réseaux sociaux. Enfin, le manque d’information sur la protection des droits d’auteur, les contrats de cession ou l’absence de crédits adéquats représente un obstacle juridique non négligeable.
Toujours en quête de projets porteurs de sens, Jeremiah Karen prépare actuellement des futures expositions à Abidjan pour l’été 2025. Si vous ne l’avez pas encore vu sa précédente série photo intitulée Memories from Mondoukou, projet exprimant sa connexion intime avec la mer et les plages, est accessible sur demande via Instagram et complétée par une diffusion sur son site web.
Pour l’avenir, Karen aspire à intégrer une agence ou une galerie qui saura accompagner et valoriser son talent, lui permettant ainsi de toucher un public plus large et de renforcer sa présence dans le milieu de la photographie. Son ambition est claire : continuer à explorer et à sublimer la beauté à travers son objectif, tout en créant un espace de dialogue et de partage autour de l’identité et des origines. Jeremiah Karen nous offre un regard sincère et passionné sur le monde qui l’entoure. Son travail, à la croisée de la mode, du portrait et de l’engagement culturel, invite chacun à redécouvrir et à célébrer la richesse de l’héritage africain. Pour suivre ses aventures et découvrir ses projets, n’hésitez pas à la contacter sur Instagram @jeremiah.photographe ou à visiter son portfolio en ligne.
Enjy Kerekou pour LaNich.