Marguerite Abouet : Une Pionnière de la Bande Dessinée Ivoirienne

Si la bande dessinée africaine a connu une véritable expansion ces dernières années, une figure féminine en particulier s’est imposée comme une référence incontournable : Marguerite Abouet. Écrivaine et scénariste, elle est surtout connue pour sa célèbre série de bandes dessinées Aya de Yopougon, qui dresse un portrait vivant et authentique de la société ivoirienne des années 1970. Son travail a marqué l’histoire du 9ᵉ art et a trouvé un prolongement naturel dans le cinéma d’animation, faisant d’elle l’une des premières femmes ivoiriennes à réaliser un long-métrage d’animation. 

De Yopougon à Paris : Un Parcours Inspirant 

Née en 1971 à Abidjan, Marguerite Abouet quitte la Côte d’Ivoire à l’âge de 12 ans pour s’installer en France. Bien que vivant à Paris, elle garde un lien profond avec son pays d’origine. Elle décide d’y consacrer son œuvre en mettant en avant des personnages du quotidien, loin des clichés habituellement associés à l’Afrique. 

Après avoir travaillé comme assistante juridique, elle se tourne vers l’écriture et collabore avec le dessinateur Clément Oubrerie pour donner naissance à Aya de Yopougon en 2005. La BD connaît un immense succès, remportant le Prix du Premier Album au Festival d’Angoulême en 2006. Son style narratif fluide, teinté d’humour et de réalisme, transporte les lecteurs dans le quotidien animé d’Aya et de ses amies, révélant une Afrique vibrante et moderne. 

Aya de Yopougon : Du Papier à l’écran 

Face à l’engouement autour de Aya de Yopougon, l’idée d’une adaptation cinématographique émerge rapidement. En 2013, Marguerite Abouet co-réalise le long-métrage d’animation Aya de Yopougon avec Clément Oubrerie. Ce projet ambitieux marque une première pour une femme ivoirienne dans le monde du cinéma d’animation. 

Le film conserve l’énergie et l’authenticité de la BD, plongeant le spectateur dans le Yopougon des années 70 avec ses amitiés, ses amours et ses défis. Le récit met en avant des personnages forts, notamment Aya, une jeune fille ambitieuse qui souhaite poursuivre ses études malgré les pressions sociales. En dépeignant avec humour et tendresse la vie quotidienne des jeunes Ivoiriens, Marguerite Abouet casse les stéréotypes et offre une représentation plus authentique et positive de l’Afrique. 

Un Impact Culturel Majeur 

Avec Aya de Yopougon, Marguerite Abouet ne se contente pas de raconter une histoire : elle met en lumière la culture ivoirienne, notamment le langage coloré, les expressions locales et les défis sociaux de l’époque. Elle donne également une place centrale aux femmes, souvent au cœur de l’intrigue et porteuses de messages d’émancipation et d’autodétermination. 

Son travail inspire de nombreuses jeunes autrices africaines et ouvre la voie à une meilleure représentation des femmes dans le domaine de la BD et du cinéma. En associant narration accessible et sujets de société, Marguerite Abouet a su toucher un large public, bien au-delà des frontières ivoiriennes. 

Un Héritage à vie

Depuis le succès de Aya de Yopougon, Marguerite Abouet continue d’écrire et de promouvoir la bande dessinée africaine. Elle a également créé Akissi, une autre série BD destinée aux plus jeunes, racontant les aventures d’une petite fille espiègle à Abidjan. 

 Marguerite Abouet reste une pionnière qui, à travers ses œuvres, continue de faire rayonner la culture ivoirienne à l’international. 

Enjy Kerekou pour LaNich.